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•Biographie•
français
::DESSINE-MOI UNE FORME...
Arrivée dans l'atelier de Valérie Crausaz face à
l'entrée, un empilement de formes peintes découpées
dans des plaques offset (feuilles d'aluminium servant aux imprimeurs).
Une curieuse envie : les regarder, avant les peintures, jouer avec.
Des formes simples, directes, radicales, bref évidentes. Pourquoi
évidentes ? Je regarde enfin les dessins et les peintures,
accrochés au mur, posées au sol. Les formes foisonnent,
oscillent, pivotent, tournoient, et toujours l'évidence.
Jusqu'en 2002, un bonhomme d'un graphisme enfantin, souvent peint
en gris coloré, structurait la surface et faisait jouer les
formes entre elles. Aujourd'hui, le bonhomme a disparu pour laisser
la place à une luxuriance de motifs végétaux,
animaliers ou simplement graphiques - rayures, cercles, disques, barres...
Ils sont peints au pochoir (positif ou négatif), comme les
formes ont été découpées : sans hésitation,
comme découpe un enfant. Leur efficacité est renforcée
par une gamme colorée intense d'accords heurtés, jouant
souvent des complémentaires et travaillée en aplats.
Les formes se superposent, s'intercalent, chevauchent dans un mouvement
accentué par le jeu des valeurs. L'oeil se modèle à
une luminosité très contrastée, abrupte, qui
décale les plans, sculpte l'espace en zones d'ombre et de lumière
où se déploient, s'épanchent les formes. Leur
association semble improbable, un hasard non maîtrisé.
Nées de la même main, les formes finiront bien par se
la donner. En farandole bruyante, l'enchaînement joyeux fait
cascader la lumière. Je pense au Cirque d'Alexander Calder,
tout en fragilité et pourtant tellement fort dans son évidence
plastique, à ses Mobiles. Nombreux sont les artistes qui ont
axé leurs recherches sur le travail des formes "abstraites".
D'Henri Matisse à Shirley Jaffe, en passant par Hans Arp et
Stuart Davis, les propositions divergent. Mais Valérie Crausaz
n'a pas puisé chez ces artistes son vocabulaire formel. C'est
par la vitalité qu'elle impulse à ses peintures et oeuvres
sur papier qu'elle partage leur univers. Ses formes ne sont pas épurées
comme celles de Matisse, elles n'ont pas la sophistication de celles
de Shirley Jaffe. Elles ne sont pas élégantes comme
celles de Hans Arp, leur agencement n'est pas savamment calculé
comme dans les oeuvres de Stuart Davis. Elles sont abruptes, à
l'emporte-pièce, s'imposent d'elles-mêmes par la puissance
de leur graphisme et la gaieté de leurs couleurs. Si Calder
est évoqué avec son Cirque, c'est qu'il y a la même
joie, la même jubilation enfantine à faire danser les
formes, à les faire tinter entre elles.
La matière est toujours travaillée en fonction de la
technique. Il n'y a pas de redite d'une technique à l'autre.
Une onctuosité crémeuse pour les peintures à
la cire, un toucher velouté pour les dessins, une opacité
mate pour les monotypes. Si la spontanéité a guidé
la découpe des formes, le hasard leur distribution, c'est un
certain entêtement qui modèle, aère, écrase
la matière.
La forme est triturée jusqu'à satiété.
épanouie, saturée, illuminée, sonore, elle nous
fait entrer dans la danse. L'évidence est là. Fraîcheur
et obstination de l'enfance, générosité et acquis
de la maturité permettent à Valérie Crausaz d'oser
une telle aventure.
Marielle BARASCUD, juillet 2003
•Biography•
english
:: DRAW ME A SHAPE
On arriving at the entrance to Valérie Crausaz' workshop, there
is a pile of painted shapes cut out in offset plates (aluminium sheets
used by printers). One has a curious desire to look at them and play
with them before the paintings. They are simple shapes, direct, radical,
and in short, very obvious. Why obvious? I then begin to look at the
drawings and paintings hanging on the wall or lying on the floor.
The shapes abound, swing, pivot, turn and always this self-evidence.
Until 2002, a little fellow drawn in childlike graphics, often painted
in grey, structured the surface and made the shapes play with themselves.
Today the little guy has disappeared and has been replaced by an abundant
stream of vegetal, animal or quite simply graphical patterns - stripes,
circles, discs, bars
They are painted using stencils (positive
or negative), like shapes that have been cut out: without any hesitation,
just like a child cuts out a shape. Their effectiveness is reinforced
by an array of intense colourful jerky chords, often complementary
and painted en aplats. The different shapes are superimposed and interspersed;
they overlap in an accentuated movement by a game of numbers. One's
eye is drawn by a luminosity which is very contrasted, abrupt, which
shifts the subject, sculpts the space in zones of shadow and light
where the shapes unfurl and pour out. Their association appears to
be improbable, an uncontrolled stroke of luck. Drawn by the same hand,
the forms end up by enjoying themselves. In a noisy farandole, their
joyful sequence makes the light cascade. It reminds me of Alexander
Calder's Cirque, so fragile yet so powerful in its art form, also
his Mobiles. There are so many artists who have based their research
around abstract art forms. From Henri Matisse to Shirley Jaffe, from
Hans Arp to Stuart Davis, the different proposals diverge. But Valérie
Crausaz has not drawn her formal vocabulary from these artists? What
makes her share their universe is the vitality that she impulses into
her paintings and drawings on paper. Her shapes are not as refined
as those of Matisse; they don't have the sophistication of those of
Shirley Jaffe. They are not as elegant as those of Hans Arp, and the
construction is not as skilfully calculated as in Stuart Davis' works.
They are abrupt, hurried, and assert themselves by the power of their
graphics and the gaiety of their colours. If Calder is evoked with
his Cirque, it's because there is the same joy, the same childish
jubilation which makes the shapes dance and chinkle. The matter is
always a function of the technique used. There is no repetition from
one technique to another: a creamy smoothness for the wax paintings,
a velvety touch for the drawings, and a dull opacity for the monotypes.
If spontaneity has guided the cutting-up of the shapes, if their position
is random, there is a sort of persistence which models, lightens and
flattens the subject.
The form is twisted up to satiation. Beaming, saturated, illuminated,
resounding, she makes us join in with the dance. The proof is there.
The freshness and stubbornness of childhood, generosity and acquired
maturity allow Valérie Crausaz to dare such an adventure.
Marielle BARASCUD, July 2003
•Expositions / Exhibitions•
Expositions personnelles
/ Solo exhibitions
- 1989 Galerie 16/25, Lausanne, Suisse
- 1994 Galerie Art Mende, Mende - France
- 1995 Espace Résidence des Arènes, Arles - France
- 1996 Chateau de Tarascon - France
- 1999 Oeuvres sur papier, Galerie de l'Artothèque, Nîmes
- France
- 2001 Estampes et dessins, IFAD, Nîmes - France
- 2001 Oeuvres sur papier, galerie Image-in, Chatel-Saint-Denis,
Suisse
- 2003 Galerie HD Nick, Aubais - France
- 2003 Galerie de la Salamandre, Nîmes
- 2003 Temple de st Martin de Boubaux, Lozère - France
- 2005 Temple de St germain de Calberte, Lozère - France
- 2005 Galerie HD Nick, Aubais - France
- 2006 Galerie les 4 barbiers à Nîmes - France
- 2006 Manifestation portes ouvertes à l'atelier Nîmes
- France
- 2007 L'Assos piKante à Villeneuve les Avignon - France
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